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27.3.11

BLOC AURICULO-VENTRICULAIRE ?

C'est le ralentissement de la conduction de l'excitation entre oreillettes et ventricules du coeur.
Il peut s'agir d'un retard de la réponse ventriculaire, ou l'absence partielle ou totale de réponse ventriculaire à l'excitation auriculaire

CAUSES
En cas de pathologie aigue il peut s'agir:
d'un surdosage de digitaline
d'un infarctus du myocarde
d'une myocardite
d'une hyperkaliémie ( taux trop élevé de potassium sanguin)

En cas de pathologie chronique :
Cardiopathies ischémiques
cardiomyopathies congestives
rétrécissement aortique
Maladie de Lenegre
plus rarement de tumeurs cardiaques, maladie de Chagas, collagénoses, compression du sinus carotidien.

Il existe plusieurs degrés concernant ces blocs auriculo-ventriculaires

Bloc du premier degré, qui peut être muet cliniquement et qui se manifeste à l'electrocardiogramme par un simple allongement de l'espace P-R, supérieur à 0,20 seconde.

LA SIMPLE CONSTATATION D'UN BLOC DU PREMIER DEGRÉ
DOIT POUVOIR FAIRE SUSPECTER LA SURVENUE D'UNE FIBRILLATION AURICULAIRE DANS LES ANNÉES SUIVANTES
LE RISQUE RELATIF EST DE 2,06
IL FAUT DONC SURVEILLER CES PATIENTS MÉTICULEUSEMENT

Bloc du deuxième degré
L'intervalle P-R n'est plus fixe mais s'allonge progressivement à chaque SYSTOLE ( Voir ce terme) jusqu'à ce qu' un complexe QRST manque ( arythmie de Wenckebach)
Un autre bloc du deuxième degré se définit par une excitation auriculaire régulière, mais qui ne parvient pas toujours a activer les ventricules.
La fréquence de contraction ventriculaire peut être de la moitié ou d'un tiers de la fréquence auriculaire.
Des syncopes sont fréquentes.
Ce genre de bloc est assez souvent en rapport avec un infarctus myocardique ou avec une dégénérescence du faisceau de HIS.
Un Holter est indispensable pour évaluer ce type de bloc.
La pose d'un stimulateur cardiaque est le plus souvent nécessaire.

Bloc du troisième degré
L'excitation auriculaire n'est plus transmise aux ventricules qui se contractent de façon indépendante.
Il en résulte une dissociation complète du rythme auriculaire
( ondes P) et du rythme ventriculaire (complexe QRS)
Le bloc auriculo-ventriculaire complet est en rapport avec une interruption de l'impulsion au niveau du FAISCEAU DE HIS (Voir ce terme), ou avec la destruction des branches droite et / ou gauche du faisceau de His.
Les causes les plus fréquentes sont un infarctus du myocarde, ou une affection dégénérative du système de conduction
La pause d'un PACE-MAKER (Voir ce terme) est le plus souvent nécessaire.

TRAITEMENT
Il reste indispensable de corriger un surdosage digitalique s'il existe, de supprimer l'administration de médicaments ralentissant la conduction intra-cardiaque( bétabloquants, quinidine) et de traiter une myocardite rhumatismale ainsi qu'une hyperkaliémie.
Les blocs responsables de troubles cliniques manifestes pourront être traités par l'administration d'isoprénaline ou d'atropine (cette dernière pouvant déclencher cependant des crises angineuses et des arythmies sérieuses.
Mais ce genre de traitement n'est que momentané et destiné à gagner du temps pour transporter le malade en milieu spécialisé pour la pose d'un stimulateur cardiaque.
La pose d'un pace-maker est indiqué pour les malades ayant présenté des syncopes au repos ou à l'effort, qui sont le plus souvent en rapport avec un bloc auriculo-ventriculaire complet.
L'enregistrement en continu de l'electrocardiogramme (HOLTER) permet de vérifier le bon fonctionnement du stimulateur.

Les troubles de la conduction : les blocs auriculoventriculaires (BAV) les blocs de branche

Qu'est-ce que c'est ?

Dans les blocs auriculoventriculaires, le déclic électrique partant des oreillettes ne peut arriver aux ventricules ou y arrive avec retard : il est bloqué.
Dans le bloc auriculoventriculaire de 1° degré : le déclic est simplement ralenti dans son trajet de l'oreillette vers le ventricule. Ce phénomène se traduit graphiquement sur l'électrocardiogramme par un allongement de l'espace PR ;
Dans le bloc auriculoventriculaire de 2° degré : le déclic est ralenti de plus en plus au fil des contractions jusqu'à aboutir à une disjonction électrique et ainsi de suite : ce sont les périodes de Luciani-Wenckebach.
Dans le bloc auriculoventriculaire de 3° degré : le déclic n'arrive jamais aux ventricules. Les oreillettes battent pour leur compte. Les ventricules se débrouillent tous seuls et battent lentement à leur rythme. C'est la maladie du pouls lent permanent.

[?] Causes et facteurs de risque

Les causes de bloc auriculoventriculaire sont nombreuses :

  • Phase aiguë de l'infarctus du myocarde ;
  • Myocardites aiguës virales ;
  • Hyperkaliémie ;
  • Suites de chirurgie cardiaque ;
  • Dégénérescence primitive scléreuse du tissu de His ;
  • Blocs auriculoventriculaires congénitaux ;
  • Causes iatrogènes : associations médicamenteuses, intoxication digitalique...
Les blocs de branche désignent l'interruption ou le ralentissement de la conduction électrique dans une des branches du faisceau de His. Le bloc de branche peut être complet ou incomplet, gauche ou droit selon la branche du faisceau de His qui est atteinte. Le diagnostic est porté à la lecture de l'électrocardiogramme.
A l'auscultation, le dédoublement du premier bruit cardiaque traduit l'asynchronisme de fermeture des valves auriculoventriculaires. Les causes des bloc de branche sont diverses car ces anomalies peuvent se voir dans toutes les cardiopathies acquises ou congénitales.
Le bloc de branche droit isolé peut se voir assez souvent chez des patients indemnes de toute cardiopathie. Ce trouble de la conduction peut toutefois être le premier signe d'une cardiomyopathie et impose une surveillance régulière.
La maladie de Lenègre est une affection dégénérative du tissu de conduction chez des patients de plus de 60 ans. L'évolution vers un bloc auriculoventriculaire paroxystique ou permanent est possible avec ses épisodes de syncopes imposant l'implantation d'un stimulateur cardiaque.

La maladie du pouls lent permanent (ou syndrome de Adams-Stokes)

[?] Qu'est-ce que c'est ?

Ce syndrome est caractérisé par un pouls lent à 40/mn et un ensemble d'accidents nerveux allant du vertige à la mort subite en passant par le voile noir, l'étourdissement bref, une pâleur fugace du visage, l'attaque d'épilepsie (crise convulsive), et la syncope en éclair avec chute .

[?] Causes et facteurs de risque

Le ralentissement du pouls est la conséquence du bloc auriculoventriculaire.

[?] Traitement

Si on assiste à la syncope, la pâleur, l'absence de pouls et de bruit cardiaque prouvent l'arrêt circulatoire.
Quelques coups portés sur la face antérieure du thorax avec la paume de la main permettent souvent d'interrompre le paroxysme.
Une crise convulsive généralisée peut survenir. Le malade revient à lui assez rapidement.Le médecin doit être appelé d'urgence. L'hospitalisation en milieu spécialisé s'impose.

L'utilisation prudente de l'Isuprel permet d'attendre la mise en place d'un stimulateur cardiaque externe dans un premier temps, puis interne permanent (sonde d'entraînement électro-systolique à piles au lithium ou pacemaker)